Ce que l'asymétrie change

Dans un jeu symétrique, la position de départ est la même pour tous. La différence naît des choix. Dans un jeu asymétrique, la règle elle-même distingue les rôles: l'un pose des tuiles, l'autre les retire, l'un score en fin de manche, l'autre à chaque placement.

Cette différence n'est pas un défaut. Elle donne à la table des problèmes qui ne se ressemblent pas. Elle devient un souci quand un rôle gagne plus souvent sans que la règle l'annonce, ou quand la compensation est si opaque que personne ne peut la discuter.

Le coût doit se compter

Une compensation sérieuse se laisse traduire en ressource: actions en moins, seuil de score plus haut, information révélée à l'adversaire, matériel de départ réduit. Si l'on ne peut pas dire quelle unité paie l'avantage, la compensation est un slogan.

avantage visible − coût visible ≈ 0, sur les parties tests

L'égalité n'a pas besoin d'être parfaite à chaque coup. Elle doit tenir sur un échantillon de parties jouées par des tables de niveau proche. Vingt parties d'un même duo ne suffisent pas: les habitudes du duo se confondent avec la règle.

Lecture

Demandez toujours: « qu'est-ce que ce rôle ne peut pas faire? » Un avantage sans interdiction associée est rarement compensé. Il est seulement décoré.

Garder la tension

Aplatir les rôles jusqu'à les rendre interchangeables tue la raison d'être de l'asymétrie. Le travail de design consiste à laisser un écart que l'on sent à la table, et à le borner pour qu'il ne décide pas la partie avant le premier tour.

  • Un rôle fort en ouverture et faible en fermeture produit des parties où le moment compte autant que le camp.
  • Un rôle stable et un rôle à volatilité plus haute peuvent coexister, si le second n'est pas le seul à pouvoir renverser le score.
  • Les interactions directes (bloquer, enchérir, partager une tuile) corrigent mieux un écart qu'un bonus de points collé en fin de livret.

Comment nous en parlons

Renard Cuivre ne publie pas de note sur dix. Pour une règle asymétrique, nous décrivons le coût, le moment où il se paie, et ce qu'un échantillon de parties a montré. Si les parties manquent, nous le disons. Un modèle qui n'a pas été confronté à une table reste une hypothèse.

L'équilibre de Nash sert parfois de langage, quand les rôles sont peu nombreux et les choix discrets. Il ne remplace pas le compte des parties: il dit seulement si une paire de stratégies se tient, une fois les gains chiffrés.